Le mouvement pluricitoyen a été lancé le 20 janvier 2009, qui est à la fois la date de l’investiture de Barack Obama et celle du début du mouvement social en Guadeloupe. Le mouvement pluricitoyen entend promouvoir des mesures concrètes pour faire coïncider les institutions avec la pluralité de notre société. La fondation du réseau pluricitoyen est partie du constat d’une inadéquation entre les discours – qui mettent volontiers en avant la « diversité » – et la réalité des institutions françaises, encore massivement monochromes et masculines. Le champ lexical des politiques témoigne de leur incapacité à penser la pluralité des identités : qualificatif « d’origine immigré » ou problématique de l’ « intégration » plaqués sur des jeunes Français nés en France, usage du terme de « communautarisme » pour stigmatiser toute tentative de solidarité entre ceux qui subissent les discriminations.
Cette démarche se décline de trois manières :
Pluricitoyen.com, le journal de la citoyenneté plurielle, permet aux membres du Think Tank pluricitoyen, universitaires, chercheurs, journalistes, d’offrir aux lecteurs des opinions ou les résultats de leur recherche.
Le réseau pluricitoyen est un mouvement destiné à renouveler la démocratie, en invitant un nombre croissant de citoyens à prendre part à la chose publique.
Le manifeste pluricitoyen constitue la plate-forme du mouvement.
A l’échelle nationale : l’unité pour la pluralité, la pluralité pour l’unité
L’alternative pluricitoyenne entend rassembler les forces multiculturelles de notre pays autour de trois idées simples :
une action positive contre les discriminations racistes et sexistes, qui ne sauraient être réduites à la question de l’exclusion sociale
une rupture avec les représentations post-coloniales qui associent les Français antillais, guyanais, réunionnais, maghrébins, noirs africains, asiatiques, à l’exotique ou à l’étranger. Etre Français, ce n’est pas être blanc. Et la France, ce n’est pas seulement l’hexagone.
la promotion d’une citoyenneté pluri-identitaire pour que chacun se sente ici chez lui. Une vision exclusive et mono-ethnique de l’identité nationale conduit certains Français à remettre en doute la nationalité de leurs compatriotes ("D’où viens-tu ?"). Par réaction, elle conduit certains jeunes à se définir exclusivement selon les nationalités de leurs parents : "congolais", "sénégalais", "algérien" etc.
A l’échelle globale : le développement d’une opinion publique mondiale, ainsi que des réalités transnationales suite au progrès des migrations de populations, doit faire émerger une citoyenneté mondialisée, dont la citoyenneté européenne est une étape
Le droit de vote accordé aux étrangers permettrait de dissocier la nationalité de la citoyenneté. Aujourd’hui, les suffrages électoraux continuent à être dit « universels » alors qu’ils ne sont que « nationaux ». Comme le suffrage « masculin » en France était qualifié d’ « universel » alors même qu’il excluait les femmes avant 1945. Une citoyenneté réellement « universelle » permettrait à chacun de se sentir concerné par les problèmes en tout point de la planète, et aboutirait à une mondialité politique, au-delà du seul développement des flux de marchandises ou de capitaux.